Les funérailles du désert : entre redite et re-création

Fronton du CITO

Suites aux bandes d’annonces télévisuelles, j’ai enfin trouvé un moment ce vendredi 20 janvier 2012 pour suivre le spectacle d’ouverture des activités 2012 du CITO. En m’y rendant toute excitée, j’étais loin de savoir que j’en repartirais avec un arrière goût de déjà vu et entendu. Je mets sous silence la scénographie qui a manqué d’espace et le nombre important de sujets abordés. Mon ennui réside ailleurs.
Que cette pièce soit née de la collaboration du CITO (Carrefour International de Théâtre de Ouagadougou) et de Mainfranken Theater Würzburg, je l’approuve car la communauté que nous formons grâce au développement technologique nous oblige à la communion des cultures. Ce qui justifie d’ailleurs la dramaturgie tenue par 3 auteurs (Paul Zoungrana, Lilith Jordan et Bernhard Stengele) et la représentation confiée à 15 comédiens burkinabé et allemands.
Que le catalogue du projet ait négligé quelque peu la grammaire, l’orthographe de la langue française et n’ait laissé aucune trace écrite du mooré, langue du Burkina pourtant employée en majorité dans le spectacle, relève d’un choix éditorial que je ne critiquerai point. Au demeurant le mooré n’aurait pas refusé de partager les 66 pages du manuel aux côtés de ses consœurs française et allemande.
Que cette création ait été jouée en trois langues (mooré, allemand, français) avec une dominance du mooré, je n’y trouve pas non plus d’inconvénient car la gestuelle et les rires de mes voisins m’orientaient grandement dans la compréhension des jeux d’acteurs.
Mais que « Les funérailles du désert » soit encore un autre réquisitoire des menaces sur l’environnement, des dérives de la globalisation, de la galère des couples mixtes, de la complexité des choix sexuels, des nouvelles formes de conflits politiques me semblent mal choisi.
Avec tous les moyens de communication qui s’offrent au public, il est su par beaucoup que notre planète est en danger avec le tsunami, mot inconnu devenu familier, les séismes meurtriers, les ouragans qui ont porté plusieurs noms féminins, la fonte de glaciers…
Nous n’ignorons pas que les pays occidentaux s’enrichissent sur le dos des pays dit « du tiers-monde ».
Avec la politique d’immigration choisie plus besoin d’expliquer que de s’engager dans une relation mixte c’est s’aventurer sur un vrai chemin de croix.
Qu’il est suicidaire d’affirmer son homosexualité et qu’il est maintenant possible de s’autoproclamer président après avoir été déclaré perdant après un scrutin.
N’aurait-il pas été plus judicieux d’attirer l’attention des spectateurs sur les gestes simples du quotidien pour protéger les générations futures ?
N’aurait-il pas été mieux de nous suggérer les techniques de partenariats gagnant gagnant (le Win Win) pour de prochaines négociations commerciales ?
N’aurait-il pas été sage de nous énumérer la meilleure façon d’appréhender les relations mixtes sans clash ?
N’aurait-il pas fallu nous suggérer des approches de l’homosexualité déjà prise en tenailles entre condamnations et tolérance ?
Mon voisin ne partageait pas mon avis sur la pièce. Je respecte son opinion, ainsi nous éduque le monde de la diversité auquel nous appartenons.

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2 réflexions sur “Les funérailles du désert : entre redite et re-création

  1. Dans mes ballades sur la toile, je suis rentré dans votre blog, il est bien. Suis d’accord avec vous sur les funérailles du désert. Oui à l’interculturalité au théâtre mais il faut avouer que la réclame altermondialiste et écolo ne prend pas.

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