Vers une réhabilitation des pirates musicaux ?

Alors que j’admirais la coiffure caca cabri XXL de Hortense Assaga sur la chaîne Africa 24 ce vendredi 6 janvier 2012, des propos m’ont interpellée. De quoi s’agit-il ?
L’animatrice culturelle recevait dans son magazine télé, le groupe X Maleya.  Pendant les échanges, Hortense était curieuse de savoir comment le groupe parvient à écouler son album « Tous ensemble » dans l’environnement musical camerounais miné par la piraterie. Pit Baccardi, rappeur et producteur du groupe, a répondu qu’il s’est approché des « pirates » pour solliciter leur concours dans la vente massive. Il a proposé de leur fournir le produit original qu’ils ventileront dans leur circuit au prix unitaire de 1000 F CFA. Les « pirates », pour leur part, ont été surpris par ce deal. Ces opérateurs n’ont pas refusé l’offre. Au bout de 4 mois, selon des sites web du Camer, X Maleya a enregistré 50 000 CDs vendus.
Doit-on garder le regard réprobateur sur ces acteurs du milieu du disque ?  Sommes-nous encore capables d’inventer d’autres stratégies de lutte pour endiguer la piraterie musicale et audiovisuelle ? Avec l’usage multiple et incontrôlé d’internet,  la mise en ligne de fichiers sonores sur Youtube, la piraterie est-elle combattable ? Peut-on emprunter la démarche de Pit Baccardi et tenter un rapprochement avec ces commerçants ?
La piraterie a amené des artistes à réduire à 1000, 1500 voire 2000 F CFA leurs albums originaux, une façon de dissuader les mélomanes d’aller s’approvisionner sur les étalages de nos marchés et auprès de vendeurs ambulants. J’apprenais d’un médiateur culturel que des réalisateurs s’adonnaient à cette politique de rabais pour encaisser un peu de fonds afin d’amortir leur coût de production audiovisuel.
Que perdrait-on à tenter une sorte de réhabilitation des pirates ? C’est un peu dans le sens où « professionnelles du sexe » désignent aujourd’hui les filles de joie, comme  « handicapés visuel » ou « non voyants » ont remplacé le terme un peu agressif de « aveugles ».
Lors d’une rencontre à Brazzaville en 2007 sur la piraterie, il s’est avéré que DJ Lewis, chanteur ivoirien en vogue à cette époque avec sa chanson « Grippe aviaire » en Afrique de l’Ouest devait sa célébrité à tous les disques piratés vendus. Car officiellement, il n’avait vendu que 50 cassettes. Même le groupe Magic System a soutenu une fois que le seul bénéfice de la piraterie, c’est la publicité gratuite qu’elle fait aux artistes. Cette piste reste à étudier.

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