Droit sur l’image

Je me pose des questions. Je me demande bien si elles sont fondées. Avant de vous exposer mes inquiétudes, permettez-moi de remonter à la source de mon intrigue. Il s’agit de l’affaire Carlalie.

Elle ne sera sans doute pas ébruitée en justice (reste aux parties d’en décider). Ce scandale repose sur la reprise de photos d’une photographe, Audrey Carlalie Okou sans son autorisation par plusieurs journaux ivoiriens et des sites web. En plus, les arguments d’un des journaux fautifs sont, en mon sens, discourtois. Je vous cite une partie de ces propos : «  le vendredi (30 décembre 2011) l’IA (Intelligent d’Abidjan) avait des photographes au palais de la culture. Ils n’avaient pas de connexion a cote et il leur fallait traverser le pont pour arriver au bureau. Le maquettiste est alors aller fouiner sur facebook et a trouve cette photo. Desole de n’avoir pas cite l’auteur mais l’image etant dans le domaine public et n’ayant pas ete fait a but lucratif, que faut il payer? Desole de n’avoir pas cite l’auteur de la photo. Nous le ferons prochainement et trouveront les moyens de rendre plus opérationnels nos photographes. » Pardonnez l’absence d’accents mais je voudrais rester fidèle à l’article lu sur l’Actu Web d’Edith.

Je reconnais l’erreur de ces journalistes qui ont copié sans gêne des images ne leur appartenant pas sur Facebook. Apparemment, ce réseau social leur est apparu comme une banque gratuite à images. C’est à ce niveau que je m’inquiète et me lance dans une série d’interrogations. Quels droits avons-nous sur nos photos de vacances, de soirée de concert, de pique-nique et autres shooting  que nous postons sur nos « murs » et « profil » Facebook ? Les photos sont facilement enregistrables sur nos ordinateurs. Il suffit de faire un clic contextuel et hop ! L’usage qu’on fera plus tard de la photo mimi de ton fils, de ta fille ou alors de ton(ta) copain(ine) sur un autre continent, t’est totalement inconnu. Comment les photo-journalistes et autres professionnels de l’image peuvent-il faire leur promotion et par ricochet protéger leurs œuvres sur ce réseau social ? Les lois en Afrique sur internet sont-elles assez dissuasives pour freiner de telles pratiques ? Si pour l’instant, il est encore difficile de réglementer l’usage d’internet sur le continent, les professionnels de l’image n’ont-ils pas des astuces pour éviter l’exploitation de leurs œuvres ? Ce sont ces questions qui m’empêchent de trouver le sommeil en cette fin de journée. La nuit portera sans doute conseil.

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2 réflexions sur “Droit sur l’image

  1. Tu poses de bonnes questions. Pour ma part, je pense que dans le vide actuel même s’il faut blâmer les « voleurs d’images », il est aussi de la responsabilité des photographes de se donner les moyens d’éviter l’exploitation abusive de leurs oeuvres. Mais il faut ajouter toutes sortes d’autres actions, des sensibilisations par exemple.

    A toutes fins utiles, je renvoie à la Déclaration des droits et responsabilités de Facebook [https://www.facebook.com/legal/terms] en son point 2 : « Pour le contenu protégé par les droits de propriété intellectuelle, comme les photos ou vidéos (« propriété intellectuelle »), vous nous accordez spécifiquement la permission suivante, conformément à vos paramètres de confidentialité et des applications : vous nous accordez une licence non-exclusive, transférable, sous-licenciable, sans redevance et mondiale pour l’utilisation des contenus de propriété intellectuelle que vous publiez sur Facebook ou en relation à Facebook (« licence de propriété intellectuelle »). Cette licence de propriété intellectuelle se termine lorsque vous supprimez vos contenus de propriété intellectuelle ou votre compte, sauf si votre compte est partagé avec d’autres personnes qui ne l’ont pas supprimé. »

    • Avec cette déclaration des droits et responsabilités de Facebook, on comprend aisément que nous conférons un droit exclusif sur nos photos et vidéos une fois que nous nous sommes inscrits.
      Pour tous les photographes amateurs et professionnels, il existe des techniques pour contourner ces pratiques d’utilisation illégale. Par exemple éviter de poster des photos en haute définition. Maintenant pour les millions de membres de Facebook, il faut qu’ils comprennent qu’ils exposent volontairement leur vie avec toutes sortes de photos et de propos. Et quand surviendra une situation malencontreuse, il ne faudrait pas crier à la violation de la vie privée.

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